Le député C. Vanneste est-il un républicain honteux?

« Qui ne vibre également aux sacres des Rois et à la Fête de la Fédération ne peut comprendre l’histoire de France ».

En citant Marc Bloch, le député du Nord s’inscrit-il dans le républicanisme honteux d’amalgame, raccrochant à 1400 ans d’histoire royale une épisode révolution commémoratif d’un massacre (à la Bastille), lui-même suivit par un autre massacre (au Champs-de-Mars)?

Confond-t-il les émotions des élans religieux immémoriaux à celles des émotions de mode d’un évènement de masse? Les espoirs du début d’un nouveau règne avec les derniers soubresauts d’un pays uni ?

Marc Bloch dénonça les irréconciliables camps de l’horreur révolutionnaire qui s’opposait à celui des admirateurs des 1400 ans de construction royale, y voyant la source de la défaite de 40; sentencieusement, il déclara que si l’on n’aimait également l’avènement des roi et celui de la révolution (voyant l’avènement de la nouvelle société), alors on ne comprenait pas la France.

Ou comment amalguer un principe et son contraire… Raccrochant les wagons pourris et sanglants de l’histoire au train des grands moments d’union nationaux, les mettant en équilibre, comme si ils étaient chargés de symbolismes comparables devant l’histoire.

Quand on a honte de la Révolution, on essaye timidement d’en extraire des éléments positifs en les associant aux succès populaires éclatant du Gouvernement royal, inventant une continuation, des parallèles, bref… des analogies.

C’est le cas de la Fête de la Fédération, émotion populaire sincère mais chant du cygne de notre démocratie émergente.

Mais M. Vanneste tient tout de même à nous rassurer: il n’est pas mal en république. Au cas ou on avait oublié.

Le Chant du cygne des illusions.

C. Thévenin-La Fête de la Fédération

La fête de la Fédération est un grand spectacle populiste organisée au Champs-de-Mars à Paris, répondant aux demandes répétées des bataillons fédérés provinciaux à la municipalité parisienne. Organisée par le Général de La Fayette, qui cherche à en faire une cérémonie de sa propre célébration personnelle, la fête commémore la prise de la Bastille un an plus tôt, et célèbre la réunion des Français dans un enthousiasme débordant.

On y élève un autel de la Patrie, sous l’égide de l’Etre Suprême, où les représentants des bataillons fédérés venus de toute la France convergent pour prêter serment de fidélité à la Nation, à la Constitution et au Roi.

Entre vivats, embrassades et serments enthousiastes, cette bulle d’émotion populaire (« bonheur universel ») ne débouchera sur rien et sera elle-même suivie par le massacre du Champs de Mars un an après par La Fayette lui-même.

Cette émotion populaire, rare manifestation sans effusion de sang durant les épisodes révolutionnaires, est considérée par une certaine historiographie comme la manifestation de soutient du peuple entier à la Révolution, dont l’histoire manque cruellement.

Monarchie constitutionnelle, Fête de la Fédération: l’amalgame des honteux.

Cette vision est présentée par Michelet, historien de la IIIème république, qui voit dans cette fête le pinacle révolutionnaire pure et idéal. Cette vision plus passionnée et partisane qu’historique, fut enseignée à des millions de collégiens, dont Monsieur Vanneste apparemment, sans présumé des coupures du montage de cette vidéo.

Politique de l’émotion pour cacher la réalités.

Il est devenu de bon ton d’associer la royauté et la « bonne » révolution non terroriste sous cette expression: « vibrer aux sacres, vibrer à la fédération« , comme la source de l’identité politique française fusionnant dans les deux régimes de gouvernent les succès de 1400 de royautés à l’existence de 175 ans de gouvernement révolutionnaire.

C’est à l’historien Alsacien de la IIIème République Marc Bloch que l’on doit cette Profession de Foi quasi anathème de bon ton:

« Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l’histoire de France , ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération. » (in L’Etrange Défaite, 1940)

Cette vision-amalgame a apparemment fait école. Mais elle souligne surtout le malaise des historiens honnêtes devant un évènement qui s’apparent plus à une régression barbare qu’a un progrès populaire, et qui refusa aux Français les réformes démocratiques que le Roi offrait.

Ne pouvant dénoncer l’incroyable barbarie de la source de leur légitimité, les adeptes de la révolution en sont réduits à des exercices d’équilibristes pour justifier du bienfait de son existence. Sans succès.

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