La fin d’un mythe libéral qui a déjà trop duré?

La bulle philosophico-libérale (ici en rouge et pourpre) est-elle entrain de s’effondrer sous nos yeux?

Différents analystes en parlent.

La Bulle libérale

Les âges de l’histoire et l’émergence d’une idéologie révolutionnaire:

Initié en 1492, année charnière entre une société commune, unie et ordonnée sous un système de valeurs partagées, et une nouvelle société, dite « moderne », polycentrique en valeurs comme en culture (grande ouverture au Monde, Humanisme et Lumières) le libéralisme est l’idéologie qui mesure le monde depuis lors.

Quasi messianique, entre « main invisible » et déesse Raison, cette idéologie portée par les forces centripètes des sociétés, emportera finalement les dernières formes de sociétés communes dans un tourbillon d’individualisme triomphant : Réforme allemande et Suisse, République des Provinces-Unies puis révolution anglaise (1688), création des Etats-Unis, révolution Française, Orléanisme, création du Brésil actuel (coup de 1889)…

Au cours de son installation, cette philosophie idéale sera à l’origine de dérives oppressives, voire totalitaires, là encore aux marges là où les sociétés sont encore à inventer, comme en Allemagne ou en Russie.

Sans parler des révoltes exactement inverses, notamment en terres dites d’Islam, ou l’actualité des «printemps arabes» semblent plus un négatif de nos printemps des peuples du milieu XIXème puisque l’islam tout-en-un semble bien éloigné de nos avènements individuels libéralistes.

Idéologie occidentale triomphante, portée en phare par le pays symbole de l’humanité nouvelle aux Etats-Unis, le libéralisme (relativisme des valeurs, individualisme économique et universalité des modèles) se révèle être une bulle idéologique, légitimement questionnée quand le masque du progrès et du bonheur universel tombent révélant la réalité derrière les discours.

Les critiques de «contradictions internes» de Marx collent finalement mieux au libéralisme qu’au capitalisme (qui est sa version économique).

Les signes d’un renversement majeurs de valeurs s’amoncellent.

-Une révolution historiographique : unicité des périodes 1492-1789 et 1789-1989 (…), dont la révolution n’est plus une césure si marquante.

Lors de la promotion de son livre Nazisme et Révolution, l’historien Fabrice Bouthillon proposait une lecture intéressante de l’histoire et de son découpage-saucisonnage en périodes, toujours artificielles, mais absolument indispensables pour nous. Pour l’Europe, il liait d’un trait 1789 à 1989, d’un seul bloc des droits des peuples et de l’homme.

Cette analyse s’accorde à la vision anglo-saxonne qui refuse la division continentale d’une césure révolutionnaire dans la période moderne, qui pour nous ouvre la contemporaine. (Source: wikipédia)

-La fin d’une bulle philosophico-économique européocentrée :

Hervé Juvin lors d’une présentation au séminaire de l’Association Française des Trésoriers d’Entreprise (AFTE) le 16 novembre 2011 à Paris, présentait une lecture bulle de notre période.

Source: Realpolitik.tv

-La chute des modèles universels créés sur cette idéologie :

Un groupe d’économistes présentent pour l’année prochaine la fin des produits créés, enfantés, fruits directs de cette période libérale: Etats-Unis (Etat libéral absolu), le Royaume-Uni, son petit frère de sang (1801), et notre Union Européenne, le dernier rejeton.

Source: Laboratoire Européen d’Anticipation Politique

-La réunion des églises protestantes à la communion catholique :

Passée relativement inaperçu dans la presse, la réunion de parties non négligeables des communautés réformées au catholicisme est une révolution qui nous paraît mériter plus qu’un entrefilet. C’est un véritable pendant à l’émergence historique de l’individualisme en tant que doctrine politico-philosophique. Le relativisme des valeurs s’est noyé dans sa propre sécularisation et revient à la source de son message.

Le temps long, temps des sociétés :

Sommes nous à la fin du cycle moderne, fait d’ascendance depuis 1492 jusqu’au pic des « printemps des peuples européens (instauration des idéologies individualistes libérales), puis suivi d’une lente descente qui s’achève de nos jours.

Un cycle philosphico-économique ouvert au XVIème siècle pourrait bien en fait avoir fait long-feu pour s’éteindre sous nos yeux, avec ses premiers nés. Cela expliquerait pourquoi notre société se débat de plus en plus dans un libertarisme libertaire, derniers avatars anarchisants d’une idéologie révolutionnaire individuelle révoltée qui s’est essoufflée devant la réalité.

Une grande baffe de réalité dans la figure de l’idéologie politique dominante et vacillante?

Espérons que la fin de l’esprit révolutionnaire soit l’avènement d’une société adulte, où l’individu est une personne, inscrite dans une histoire et une communauté, et non la fin de notre monde européen.

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