Absolutisme

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[Dictionnaire] : ABSOLUTISME

Étymologie: <Absolevere, [De solvere (« dénouer, résoudre ») avec le préfixe ab-, qui marque l’accomplissement, l’achèvement].

Signification:  détaché, libre,  plein,  entier;  sans réserves, sans restriction;  achevé, parfait, complet; pleine souveraineté.

Postulat: « la monarchie absolue de droit divin, c’est la dictature de  l’ancien régime qui laissait au roi tous les pouvoirs parce qu’il est le représentant de Dieu pour faire appliquer la  tyrannie des privilégiés. »

Définition: Doctrine politique théorisé à la renaissance, mis en place en Europe occidentale du XVII (absolutisme éclairé par la Foi) au XVIIIe siècle (despotisme éclairé par la Raison), qui postule l’indépendance plus ou moins accentuée de l’action du souverain.

Sources: Inspirée de Nicolas MACHIAVEL  (1469-1527) et sa doctrine de raison d’Etat (Le Prince, 1513) , l’absolutisme comme doctrine politique est créé par le juriste Italien Giovanni BOTERO (1543-1617).

Celui-ci postule que la raison d’Etat  n’a pas besoin de justification ni de preuve dans son action (Della ragione di Stato, 1589). Quelles ont les limites de la souveraineté? Ce n’est plus seulement la source du pouvoir qui est détachée (le roi est souverain parce qu’il est héritier du principe indépendant), mais son activité (l’action du souverain est souveraine): monarchie et non monocratie. Les limites externes (corps, droit, traités, morale, etc.) comme limites internes (freins institutionnels) sont écartées.

Historique: il existe trois théories de l’absolutisme: juridique, pragmatique et théologique.

Au XVIe siècle, la société soutient une centralisation accentuée et stabilisatrice pour mettre fin aux dérives issues des guerres de religions et aux jeux des puissants féodaux. Cardin LeBret (1558-1655) soutient cette vision d’un Etat illimité.

A l’inverse, Jean Bodin (1529-1596) s’oppose à cette vision, et dénonce le machiavélisme qui conduit l’Etat à agir « à la Turque », et affirme (De la République, 1576) que le Roi est lié par les liens externes et internes, entre la constitution naturelle et les vues de la Providence.

Le XVIIe siècle verra l’absolutisme pragmatique de Richelieu s’appliquer. Siècle de Montaigne et de Descartes, la rationalisation des forces et des faiblesses sera le guide de la politique souveraine, contre les forces politiques que furent les protestants, la noblesse et les puissances étrangères.

Au XVIIIe siècle, une dimension théologique est apportée par Jacques BOSSUET (1627-1704), qui ne considère le Roi délié de ses responsabilités par droit divin que s’il fait son devoir divin. Il explique que s’il ne peut exister à l’égard du Roi aucune puissance coactive, la religion et les lois exercent sur lui une puissance directive – à tel point qu’un État où il n’y aurait pas d’autre loi que leur volonté propre ne serait plus légitime, mais arbitraire, « ce qui est de tout étranger aux moeurs de France ».

En France, la puissance du souverain est limitée de trois manières : par les lois de Dieu (Evangiles et Commandements), par celles de la justice naturelle et par les lois fondamentales du royaume, auxquelles il faut  joindre les « libertés », c’est-à-dire les privilèges des corps et communautés. Lors du sacre, le souverain s’engage à régner selon ces lois fondamentales.

La fin du XVIIIe verra le rejet de ces Lois fondamentales et le retour à une vision absolutiste totalitaire, d’abord fondé sur une raison scientiste, puis sur une vision politique progressiste fondée sur la vision idéologique d’un sens de l’histoire.

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