Gauche, droite: une fausse fracture, un vrai maquillage.

Né au hasard de notre histoire parlementaire, la distinction entre gauche et droite de nos représentants relève plus de la facilité éléctorale partisane que de la réalité des convictions.

La fracture, parce que c’est bien de cela qu’il s’agit, bien plus qu’une distinction ou d’une division tant les tensions s’arque-boutent jusqu’à la violence (Anders Breivik en est l’expression), est transversale entre cette gauche et cette droite qui ne recouvrent plus rien.

Le triste épisode norvégien signe la vraie division qui touche les Européens, et pas seulement notre petit carré politicien hexagonal: en Europe, deux visions du monde s’affrontent, maintenant plus que jamais, et l’heure est à la violence.

Les tenants d’une société dématérialisée, centrée autour de contours juridiques de citoyenneté, à vocation universelle, détachée de toute sentiment d’identité et de traditions archaïques (famille, patrie/pays, languages, culture) relevant d’une vision organisée de l’individu et de la société; en face, une vision enracinée, matérialisée par la transmission de valeurs immémoriales, fruits du « génie » patrimoniale des différents pays, structurant les relation humaines dans le cadre d ‘une société partageant les mêmes codes culturels.

D’un côté, un individu indépendant, presque génération spontanée, sans identité préconçue,  adoptant une citoyennté à vocation mondiale plutôt qu’une nationalité, lié par aucune valeur culturelle autre que la Loi; de l’autre, une personne fruit d’une histoire familiale et culturelle, soutenu et encadré par une vision transgénérationnelle partageant une vision commune du monde, s’inscrivant dans une manière de vivre particulière, formant un bassin culturelle propre s’exprimant au sein d’une géographie délimitée.

C’est là que se situe notre fracture; elle était déjà présente lors de la déclarations des droits de l’homme, que les représentant n’ont pu trancher entre égalité et liberté. L’une est au pouvoir dans notre pays; l’autre reste encore présente chez nos compatriotes.

Cette opposition latente qui traverse notre histoire, celle de l’Europe et du monde, s’exacerbe devant les diffiultés à trancher ce dilemne.

Face à une globalisation de fait, que vaut cet universaliste destructurant? On a jamais autant parlé de diversité que depuis qu’on cherche à gommer toutes les différences culturelles.

Il y a d’un côté le relativisme culturelle qui vise à fondre les habitudes dans un magmat idéalisé de citoyenneté ouverte à tous; de l’autre, la revendication d’une unicité culturelle aussi valable que les autres expressions de civilisation humaine et qui est excluante par définition.

L’universel (c’est-à-dire le distant commun) face au local (le proche particulier), le virtuel (juridique) face au réel (coutumes), le court terme légaliste face au long terme traditionnel, le relativisme face au culturel: voici les lignes de conflit qui distinguent les deux camps, à l’échelle mondiale.

Les grandes idéologies uniformisantes (jacobinisme, communisme, impérialisme, libéralisme, islamisme…) sont les menaces les plus proches; elles apparaissent au coeur même de nos petits assemblées. L’irreconciliation des ces deux visions diamétralement opposées est une impasse. Que l’histoire des guerres mondiales ait pu atténuée par moments sa visibilité, celà ne change rien quant à sa réalité. Elle est la ligne de front, qui va devenir de plus en plus violente.

Espérons que l’Alexandre qui tranchera ce noeud gordien ne soit pas une guerre civile.

S. Dali, Prémonition de la Guerre Civile, 1936

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