BARA, Joseph

Stature élevée en 1881, à Palaiseau.

Statut : Jeune héros républicain. Mythe et propagande.

Apparition : XVIII, XIX, XXème siècles

Auteurs et sources: le général Desmares, Robespierre, l’historien Charles Mullié, IIIème république et gauche française.

Assertion : enfant-soldat de 14 ans, engagé volontaire comme tambour au 8ème hussard dans les armés de la république,  fut tué d’un coup de sabre et mourut en serrant la cocarde tricolore sur son cœur. Une autre version postérieure affirme  qu’il fut surpris par des brigands vendéens qui lui intimèrent de crier « Vive le Roi » sous peine d’être tué et qui préféra mourir en criant « Vive la République! »

Contexte : En 1793, la république est en guerre contre la population de l’ouest, qui s’est soulevé contre le nouveau régime. Insurrection populaire et paysanne, guidée par un Généralissime de 21 ans, ces armées populaires battent les armées républicaines plusieurs fois. En même temps, le fils de Louis XVI à 8 ans et meure en prison à petit feu. En 1794 intervient le massacre des enfants des Lucs-sur-Boulogne. La république à besoin de héros martyrs pour faire pendant.

Réalité : Confronté à une insurrection paysanne qui bat ses armées, le général Desmares envoie alors à la convention parisienne un rapport dans lequel il camoufle ses échecs et détourne l’attention en créant une figure héroïque qu’il recommande à la dévotion de la Patrie (il s’inspirerait d’un pillard, voleur de chevaux, surpris et tué par les paysans propriétaires). A Paris, Robespierre est confronté à une lutte politique féroce et décide d’utiliser ce rapport pour constituer des figures symboliques héroïque pour dénoncer ses adversaires. Mythe officiel lancé en 1793 à la tribune de la Convention, qui décide alors de « panthéoniser » le jeune enfant Bara, héros de la république. Il s’en suit un véritable culte officiel.

Conclusion : Joseph Bara est une figure centrale de la propagande révolutionnaire qui sera reprise (au côté d’autres figures d’enfant-héros) tout au long des XIX et XXème siècles, inspiration artistique (peintures, estampes, pièces de théâtre, sculptures) et enseignée aux enfants de la communale. De nombreuses rues portent son nom.

Face à de nombreuses révoltes paysannes contre le nouveau régime, avec un manque profond de soutien populaire, la révolution doit se créer ses propres mythes. L’inventions de la propagande révolutionnaires « ne sont pas à considérer seulement pour ce qu’elles sont, des manipulations grossières de l’opinion ; elles correspondent également à une demande collective d’héroïsme.» Jean-Clément MARTIN.

Pour aller plus loin:: Jean-Clément Martin, in Violence et Révolution. Essai sur la naissance d’un mythe national, Paris, Éditions du Seuil, collection L’univers historique, 2006,  p. 181

Voir aussi: BAYLE, Pierre ; VIALA Joseph Agricol, enfants soldats de la république.

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