BAYLE, Pierre

Statut : Le petit tambour. Propagande.

Apparition : XVIII, XIX, XXème siècles

Auteurs et sources: le général Dugommier (Jacques François Coquille dit), l’historien Charles Mullié,  IIIème république.

Assertion : élève-tambour, il aurait répondu  « Peut-on manquer de force quand on peut servir utilement son pays ? » au Général du poste lui demandant s’il aurait « assez de force pour battre demain au matin la Diane et empêcher que l’ennemi n’entende notre [préparation d’] artillerie légère ?« . Le rapport ajoute: « C’est ainsi qu’à l’âge de onze ans le jeune Bayle, digne émule de Bara, savait déjà apprécier combien il est doux d’avoir une Patrie, de vivre et de mourir pour elle« . Il fait l’objet de deux rapports au Comité de Salut Public, soulignant sa jeunesse et son dévouement, mettant en avant son exemple républicain pour la postérité.

Contexte : Depuis 1793, la république est en guerre contre l’Espagne qui menace la frontière du Roussillon et Perpignan. En 1794, une contre-offensive repousse la menace et les armées révolutionnaires s’engagent sur les versants espagnols des Pyrénées.  En Novembre 1794, la bataille de la Sierra Negra dura 3 jours. Avant que Dugommier ne meure, il envoie au Comité de Salut Public un rapport faisant l’éloge du jeune tambour tué dès la première canonnade de la bataille.

Face à l’insurrection populaire et paysanne en Vendée, guidée par un Généralissime de 21 ans, devant les abominables conditions de détentions du fils de Louis XVI qui meure en prison à petit feu, et devant le massacre des enfants des Lucs-sur-Boulogne,  la république à besoin de héros martyrs pour faire sa propagande. Le généraux envoient donc leur messages, dans la droite ligne de Bara ou Viala.

Réalité : enfant originaire du Midi (Tourreilles, près de Limoux) dont toute la famille (père, frère et mère) fut incorporée dans les armées révolutionnaires (l’Armée du Midi, divisée entre l’Armée des Alpes et celle des Pyrénées) après les conscriptions lancées en 1793. La veille de la bataille, sur ordres des généraux, il bat son tambour pour faire diversion alors que l’artillerie est déplacée afin que les pièces espagnoles s’orientent vers les tambours et non les canons. Cible chair-à-canon, il meurt à 12 ans,  lors des premières canonnades de la bataille du Boulou.

Conclusion : Pierre Bayle est une figure de la propagande révolutionnaire qui sera reprise (a côté d’autres figures d’enfant-héros) tout au long des XIX et XXème siècles. Une stèle rend hommage au petit tambour dans le village espagnol de Biure, sur les pentes du mont Roigt. Le Boulou a fait également érigé une statue à sa gloire. Il lui fut rendu hommage en 2005 par l’Associations de Enfant de Troupes (regroupe les anciens de lycées militaires). A noter aussi, l’association républicaine des Petits-Tambours.

Voir aussiBARA, Joseph; VIALA, Joseph; Enfant-soldats de la république.

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