VIALA Joseph Agricol

Sculpture d’Antoine ALLIER représentant J. Viala. Reléguée à Boulogne-sur-Mer suite à un « don » du Louvres.

Statut : jeune héros martyr de la révolution. Mythe.

Apparition : XVIII, XIX, XXème siècles

Auteurs et sources: Jacobins avignonais (notamment l’oncle Agricol MOUREAU), Robespierre, l’historien Charles Mullié,  l’historien Albert Soboul, IIIème république.

Assertion : Alors qu’Avignon est coincée entre les révoltes royalistes et fédéralistes de Lyon et du Midi, les Jacobins décident de ralentir l’avancée des Marseillais. Sous le feu des mousquets, ils tentent de sectionner les cordes qui maintiennent le bac de Bonpas qui permet de passer  la Durance. Face aux hésitations de ses comparses, Viala, 13 ans,  s’élance et s’attaque à la hache aux cordages. Une balle le touche mortellement.

« En vain on veut le retenir ; il brave le péril, et l’on ne peut s’opposer à son audacieux projet. Il saisit la hache d’un sapeur, il tire sur les ennemis plusieurs coups du mousquet dont il est armé, puis, malgré les balles qui sifflent autour de lui, il parvient au rivage, et, saisissant sa hache, frappe le câble avec vigueur. Le hasard semble d’abord le seconder, il a presque achevé sa tâche périlleuse sans être atteint, quand, à ce moment, une balle lui perça la poitrine. Il se soulève encore ; mais il retombe sans force en s’écriant : « M’an pas manqua ! Aquo es egaou ; more per la libertat. » (Ils ne m’ont pas manqué ! cela est égal ; je meurs pour la liberté.) Puis il expira après ce sublime adieu, sans proférer une plainte ou un regret » (Charles Mullié).

Les cordes ne sont pas rompues, les Marseillais approchent et les jacobins durent fuir. Un de ses camarades, qui aurait recueillit ses dernières paroles doit fuir sans pouvoir emporter le corps. Les Marseillais s’acharneraient alors sur le corps de l’enfant, le mutilant avant de le jeter dans la Durance. Il est aussi rapporté la réaction de sa mère en pleurs, apprenant la mort de son fils, à qui l’on soulignait qu’il était mort pour la patrie:  » Ah! C’est vrai! » dit-elle et cette idée sécha ses larmes.

Contexte : à Paris, les jacobins l’ont emporté sur les girondins. Des révoltes urbaines viennent alors grossir les révoltes anti-révolutionnaires. La guerre civile se renforce encore plus contre le coup d’Etat parisien.  Face à l’insurrection populaire et paysanne en Vendée, guidée par un Généralissime de 21 ans, devant les abominables conditions de détentions du fils de Louis XVI qui meure en prison à petit feu, et devant le massacre des enfants des Lucs-sur-Boulogne,  la république à besoin de fournir elle-aussi des héros martyrs pour faire sa propagande.

Réalité : enfant originaire d’Avignon (dont l’oncle, prêtre défroqué, est devenu administrateur jacobin du Vaucluse), il est membre de la milice révolutionnaire. Perché sur les piliers retenant les cordes du bac autour duquel ses comparses s’étaient postés, il exposa son postérieurs aux marseillais qui firent feu et le touchèrent à cet endroit. Ceci provoqua la débandade de ses camarades qui l’abandonnèrent. Il mourut de son hémorragie et son corps, exposé au soleil d’été fut plus tard jeté dans la Durance par les Marseillais qui le trouvèrent passablement décomposé.

Il a été dit de cette critique historique qu’elle était faite par ceux qui voulait atteindre son oncle. Sylvain Gagnère déclara à propos de cette histoire: « foutaise historique, propagande revolutionnaire, en fait Viala à reçu une balle dans le cul et les avignonnais ont eu la trouille et sont partis en courant, le laissant agoniser ».

Conclusion : Joseph VIALA  est une figure centrale de la propagande révolutionnaire qui sera reprise (au côté d’autres figures d’enfant-héros) tout au long des XIX et XXème siècles. De nombreuses rues portent son nom, ainsi que des collèges. La statue de 1822 d’Antoine Allier a été transférée à Boulogne-sur-Mer en 1993.

Pour en savoir plus:  Bailly, Robert (1922-1988) , Chronique et histoire d’Avignon en trois cent soixante-cinq jours, L’Isle-sur-la-Sorgue, Ed. Scriba, 1989, 207 p.

Voir aussiBARA, Joseph; BAYLE Pierre; Enfants soldats de la République

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