Propagande culturelle, art officiel et culture dirigée: la création artistique en France entre conflits d’intérêt et structures périmées.

Voici ce qu’en pensent les professionnels du secteur non encore asservis, réunis en colloque30 ans de création dirigée par l’État. Constat, conséquences et perspectives. 1982-2013. Conclusion : Quel bilan de 30 ans de culture dirigée ?

Ce qui est demandé avant tout à l’État :  c’est de  ne pas nuire !  L’État doit se recentrer sur ces devoirs régaliens:  s’occuper du patrimoine (transmission des savoir-faire de l’œil et de la main mais également l’Histoire de l’art) , parce que lui seul à la durée nécessaire pour le faire. Mais il faut aussi, à propos de la Création vivante, que l’État soit le moins interventionniste possible.

Il est dénoncé, encore une fois, les méfaits conjugués du libéralisme et dirigisme, alliance de la carpe et du lapin, finalement pas si éloignés quand il s’agit de déconstruire les structures esthétiques objectives pour créer de nouveaux marchés tout en officialisant une nouvelle éthique toute subjective, bien imprégnée de relativisme.

Dans un monde où le beau est déconnecté de l’art, il est logique que les marchands de scandale se soient déguisés en artistes.

Bref la Culture est devenu le Culturel pour tous, où le mauvais goût a un podium. Et pour cause!  Il est un goût obscure…à bénéfice. Parce qu’au-delà des questions de création purement artistique, il s’agit d’une basse histoire de gros sous:

L’opacité des comptes est stupéfiante : impossible de connaître la composition des commissions d‘achat, les critères de sélection  ; d‘où les abus de pouvoir, l’enrichissement occulte. Si ce n’est pas vrai, présentez les chiffres, nous ne demandons qu’à être détrompés !

Que proposent-ils?

Déniaiser: informer sans relâche, lire et diffuser, [encourager à ]  distinguer entre Culture et culturel. Le culturel c’est, finalement, l’insignifiance à la portée de tous ; la Culture, elle : la conquête du sens par chacun, au bénéfice de tous. Pasolini disait encore : « La Culture c’est-ce qui lutte contre le divertissement ». Le ministère de la culture est devenu le ministère du culturel.

Défataliser : arrêter d’accepter le fait accompli, de dire : l’Art Contemporain, l’industrie culturelle, c’est le sens de l’histoire, c’est le progrès. Ou bien,  en soupirant : «  mais que voulez-vous, c’est  la financiarisation,  la mondialisation qui veulent que tout soit à vendre : « Greed is good » ». Cette  dictature du fait accompli. (…) mais à la différence de celui d’hier,  le totalitarisme contemporain est flasque, c’est une barbarie molle.  Donc il faut procéder avec calme et humour, sinon, dénoncer cette extrémisme moelleux vous fait vite passer pour l’agresseur.

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