Chine: problématique d’ancien régime et lecture de Tocqueville

Un excellent article de Charles-Edouard Bouée (La tribune, 12/03/2013), qui a le mérite de mettre en lumière, au détour d’une analyse géo-politique, certains points qui sont rarement entendus et qui expliquent encore le mépris du peuple qui habite nos élites auto proclamées qui sont au  pouvoir depuis une certaine révolution.

Bourgeois_gentilhomme

« On parle beaucoup d’Alexis de Tocqueville dans les milieux dirigeants chinois.(…)
Qu’est-ce qui peut intéresser les dirigeants chinois dans l’analyse que fait l’écrivain des causes profondes de la chute de l’Ancien régime et le déclenchement de la Révolution en France ?
Probablement l’analyse de « l’isolation » des classes sociales qu’il présente.
Tocqueville se définit comme le « peintre du mouvement des sentiments et des idées qui ont successivement produit les évènements de la Révolution ».
Il pointe qu’à la fin du XVIIIème siècle, même si les aristocrates et les bourgeois « s’égalisent » et se ressemblent de plus en plus par l’éducation et la fortune, «les lumières ayant été puisées précisément au même foyer », ils étaient aussi de plus en plus isolés l’un de l’autre par une barrière « toujours fixe et visible, toujours reconnaissable à des signes éclatants et odieux à qui restait dehors. »

De son côté la bourgeoisie s’était éloignée du peuple autant que l’aristocratie s’était éloignée d’elle. Son sentiment dominant  « est la crainte de se voir confondue avec le peuple, et le désir passionné d’échapper, par tous les moyens, au contrôle de celui-ci ». (…)

Le risque d’une « énervement » de la nation entière.

Isolés les uns par rapport aux autres, obnubilés par leurs intérêts individuels et égoïstes, (…) les Français n’étaient aspirés que par le recherche du gain, l’envie de s’enrichir à tout prix, le goût des affaires. « Ces passions se répandent aisément dans toutes les classes, pénètrent jusqu’à celles mêmes qui y avaient été jusque-là étrangères, et arriveraient bientôt à énerver et dégrader la nation entière, si rien ne venait les arrêter. Or il est l’essence du despotisme de les favoriser et de les étendre » écrit encore Tocqueville.

A partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle le processus séculaire de centralisation administrative et la division des classes produisent des effets de désintégration sociale de plus en plus visibles, qui constituent, dans le moyen terme, le cadre de la grande révolution qui va éclater. »

La France et l’isolement collectif des classes

Une société individualiste, des classes sociales de plus en plus étrangères l’une à l’autre, l’appât du gain comme unique passion, une centralisation des pouvoirs poussée à l’extrême… Ces caractéristiques de la société de l’Ancien régime en France, trouvent un écho dans la société chinoise d’aujourd’hui.

Puisqu’on vous dit que le libéralisme n’est pas la liberté, bien au contraire.

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