Les leçons de François Furet: le mythe de la Révolution est une illusion

Jean Sévillia, nous rappelle que fin 1988, à la veille du bicentenaire de la Révolution, François Furet dressait ce constat :

« Le sujet central de mon existence intellectuelle, c’est la Révolution. »

Francois-FuretEn effet, François Furet, même à travers  son évolution personnelle,  « fut l’historien de l’échec de l’idée révolutionnaire », et sa mélancolie y puise sa source.

On ne peut comprendre la révolution avec les outils intellectuels révolutionnaires; la propagande d’illusion se heurte à la réalité. 200 ans plus tard, le vernis camisole craque et le masque de la révolution ne cache plus son vrai visage.

La révolution des Lumières, ou l’illusion du passé.

*      *      *

     Né dans un milieu bourgeois, l’historien adhère au parti communiste en 1949, et le quittera en 1956, après la révolte de Budapest. Agrégé d’histoire il se spécialise dans la Révolution française à une époque où les études dans ce domaine sont dominées par le marxisme.

   En 1965, avec le livre La Révolution française, il fait scandale parce qu’il ose remettre en cause le « catéchisme révolutionnaire » façon Albert Soboul, récusant notamment la Terreur, qu’il était encore convenu de justifier à gauche.

    En 1978, dans Penser la Révolution française, Furet expose avec sympathie les interprétations hostiles à 1793 que l’on trouve chez Tocqueville, Taine, ­Quinet et Cochin.

   En 1988, dans le Dictionnaire ­critique de la Révolution française, il évacue la notion de « dérapage », qu’il utilisait naguère pour qualifier le passage de la révolution libérale à la Terreur, observant qu’une logique terroriste se manifeste dès 1789.

« Le répertoire politique de la Révolution, souligne Furet, n’a jamais ouvert la moindre place à l’expression légale du désaccord. »

En 1995, son ouvrage fondamental, Le Passé d’une illusion, ­présente ses réflexion sur la séduction que le communisme exerça pendant plus d’un demi-siècle en France.   Là est, ­selon son biographe Christophe Prochasson, l’origine de la ­« mélancolie » de François Furet.

Passé du marxisme au libéralisme, resté admirateur de 1789, l’historien buta toute sa vie sur l’explication profonde de la folie dévastatrice de 1793, folie resurgie avec le communisme en 1917 et qui manifeste, au fond, l’échec de l’idée de révolution, au sens de l’impossible avènement d’un monde nouveau.

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