Réindustrialiser la France par la flexibilité: déménager, ou réapprendre?

Tribune libre.

La politique industrielle française est un échec. Pourtant, cet outil de production est indispensable pour fournir du travail aux Français, qu’il soit en France ou à l’étranger. Plutôt qu’espérer que nos voisins en croissance investissent sur notre territoire, mieux vaut rechercher les moyens de dynamiser nos industries. Il est un mot qui courre sur toutes les lèvres: flexibilité-mobilité.

Mais qu’est-ce que cela recoupe?

Le Président de Total nous donne son avis ici, soulignant le besoin de flexibilité des entreprises et des employés.

Notre pays doit se prendre en main (…). Notre système industriel est globalement vétuste. Ce qui est une évidence… Pour restaurer l’outil industriel, ce qui ne veut pas dire simplement le rénover ou soutenir artificiellement des sites en déclin, [il faut une] mutation profonde, qui peut amener l’industriel à changer de secteur, ou au moins de produits, pour se positionner sur des segments compétitifs, à plus grande valeur ajoutée. Ne nous faisons pas d’illusions : c’est la seule façon de pérenniser des sites industriels sur le territoire français.

Les activités modernes, qui ont un contenu toujours plus fort en technologies, créent moins d’emplois que les anciennes. Oui, l’adaptation de nos systèmes industriels amène nécessairement à diminuer le nombre de salariés par unité. Est-ce que cela veut dire qu’il ne faut rien faire et préserver coûte que coûte des sites en déclin ? Evidemment non! Quand il n’y a plus de croissance chez soi, il faut aller la chercher où elle se trouve. Mais cela ne se fait pas tout seul. Cela suppose d’utiliser les gens autrement, de les former, de les rendre plus mobiles.

Une interview intéressante d’un des PDG du CAC40, qui souligne que l’adaptation au marché pour l’entreprise est une évidence que seuls nos syndicats mafieux dénoncent et que nos politiques clientélistes retardent en sponsorisant les sites qui s’y refusent. Cette flexibilité s’appelle une reconversion.

Mais comme tous ces grands patrons, la flexibilité quand elle s’adresse au salarié, est perçue avant tout comme la capacité à déménager. Face à une friche industrielle, la mobilité est leur seul réponse. Etre employé, c’est très souvent dans notre monde un statut soumis à jettabilité, au mieux à une concurrence au moins disant salarial de personnes à la recherche (quête?) d’un emploi: en effet, derrière ce déménagement se profile l’immigration pauvre concurrente faisant pression à la baisse sur les salaires.

A BBR, on préfère une flexibilité de compétences plutôt qu’une flexibilité de mobilité. Tous n’ont pas envie d’aller courir après un emploi, déménager loin de sa famille, de sa région ou de son pays. Non à l’obligation de déracinement! Emigration et immigration sont les plaies du monde moderne.

Si l’international volontaire est une école d’expérience, la priorité est d’abord à la lutte contre le chômage chez nous. Il faut offrir aux Français la possibilité de travailler chez eux, là où ils vivent. Alors, quelles propositions?

La première flexibilité à mettre en œuvre est la suppression des textes de lois qui alourdissent TOUTES les entreprises du RH à l’investisseur. Stabilisons nos lois une fois pour toutes, délivrées des partis idéologiques qui s’échangent les places au gouvernement et qui changent les règles plus qu’il n’y a de jours dans l’année.

La seconde est de donner aux employés l’ensemble dus fruits de leur travail en supprimant ces innombrables taxes qui appauvrissent ceux qui veulent gagner leur indépendance. Libérons les salaires des freins qui, sous couvert de redistribution, ponctionnent celui qui travaille et le pénalise en le ramenant à un niveau de vie qui obère les fins de mois et décourage le travailleur.

Enfin, facilitons les contrats professionnels: un seul contrat, pour toutes formes de métiers. Ni stage, ni CDD ni CDI, ni je-ne-sais-quoi. Une rupture facilitée, dans les deux sens et une forte restriction à l’emploi d’étrangers conditionné à l’apport d’une compétence spéciale. Il faut rééquilibrer la relation employeur-employé: un employé compétent est un atout, pas un centre de coût mais un centre de profit.

Offrons aux Français la vraie flexibilité professionnelle qui les rendra responsables et indépendants. Que ceux qui veulent bouger le puissent, et ceux qui veulent « garder le pays » le puissent aussi.

Plus qu’une flexibilité de localisation, une flexibilité de métier est la réponse pour lutter contre le chômage.

Ceci n’est possible qu’avec un outil de formation efficace, offrant des opportunités de changement de métier aux employés d’industries de secteurs en déclin, et c’est bien là que le bas blesse. Notre Education Nationale est une faillite totale: on nous fait de l’éducation civique, politique et idéologique et non de l’instruction technique. L’école ne sert qu’à apprendre un métier, non à corriger je-ne-sais-quelle lubie d’idéologue-pédagogue voulant régénérer des hommes qui ne lui demandent rien.

Un outil de formation efficace, à jour, pour tout âge, c’est notre garantie de pouvoir passer encore une fois du statut de chasseur-cueilleur (d’emploi) à celui de cultivateur (d’emploi). Les mêmes problèmes, dans un autre environnement!

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