Septembre 1792: première république et premiers massacres officiels

20130902-212900.jpg.

Prémices de la Terreur, les Massacres de Septembre furent des exécutions sommaires et massives qui se déroulèrent du 2 au 7 septembre 1792 dans les prisons de Paris. Celles-ci étaient pleines de « suspects » monarchistes ou religieux, notamment les prêtres réfractaires au serment gallican de constitution civile du clergé.
C’est un des épisodes les plus sombres de la Révolution française qui frappa de stupeur l’imagination des contemporains. Certes, depuis 1789, le sang a déjà coulé bien des fois, mais jamais d’une telle manière, froide et calculée.

Face aux armées étrangères, aux soulèvements intérieurs et aux menaces de coup d’Etat des partisans d’une monarchie modérée (tels Lafayette,  qui commence à craindre les dérives sanglantes de la révolution et voudrait clore le mouvement),  les révolutionnaires sonnèrent la charge contre ‘les ennemis de la patrie’ et massacrèrent du 2 au 7 Septembre 1792 des milliers de prisonniers politiques, retenus captifs dans les prisons du régime.

La Révolution est à un tournant décisif de son processus. La chute de la royauté et la Grande Terreur se préparent.

La question des responsabilités se posent. Mais plus encore, c’est la spontanéité populaire qui est questionnée.

En effet, ce sont les sections (principalement constituées de sans-culottes) qui participent à ces massacres, et leur organisation hiérarchique remonte jusqu’à l’Hôtel de Ville où siège alors la Commune de Paris.

Or, à la suite du coup d’Etat du 10 Août 1792, la Commune se baptise Insurrectionnelle et remplace l’organe législatif qu’était alors l’Assemblée Législative. La bataille pour l’exécutif s’engage, mais des intérêts personnels se recoupent.

Danton (futur Montagnards à la Convention du 21 sept 1792) est devenu le leader de l’exécutif, désigné Ministre de la Justice par l’Assemblée législative après les remaniements du 10 Août et ne s’opposera pas aux massacres ; il appartient aux représentants Girondins, qui sont membres du Club des Jacobins.

Robespierre (futur Montagnard à la Convention du 21 sept 1792) fut élu par sa section (Vendôme) membres de la Commune insurrectionnelle. Cette dernière exerce la réalité du pouvoir, sans contrôle de l’Assemblée. Robespierre appartient au Club des Jacobins dont il est président.

Marat (futur Montagnard à la Convention du 21 sept 1792), de son côté, a une influence de premier ordre par ses journaux extrémistes sur les Sans-Culottes et est membre du Comité de surveillance de la Commune Insurrectionnelle,. Il sera élu le 9 septembre membre de la Commune Insurrectionnelle par sa Section. Or, celle-ci lest a première des sections à s’enflammer et à adopter une motion exigeant le jugement rapide des prisonniers « (que tous les prêtres et personnes suspectes enfermés dans les prisons de Paris, d’Orléans et autres seront mis à mort ») . Il sera élu plus tard président du Club des Jacobins.

Des élections ont alors lieu à L’Assemblée Législative afin de remplacer les monarchistes qui furent renvoyés après le 10 Août. Ces élections sont fixées du 2 au 6 Septembre. C’est alors au plus intense de cette lutte pour l’exécutif entre Assemblée et Commune,  que les Massacres de Septembre apparaissent, précisément à ces dates. Naturellement, sur fond de massacres, la portion des modérés qui restait timidement après le renvoi des monarchistes est alors balayée (tandis que la presse royaliste est interdite) et la majorité qui est élue se trouve être sans surprise favorable à la Commune Insurrectionnelle (10% des inscrits seulement votèrent).

Ces massacres ont donc servis à assurer la domination définitive des partisans de l’extrémisme face aux élus favorables à la monarchie constitutionnelle de l’Assemblée. Le 21 Septembre, deux semaines après la fin du Coup d’Etat en deux temps, l’Assemblée Constituante (La « Convention ») succède à l’Assemblée Législative, décrète la république puis programme la terreur ; c’est l’An I.

Peu de spontanéité, des conjonctions d’intérêts temporaires et  beaucoup de calculs, plus encore d’innocents massacrés ; les victimes enfermées et assassinées en raison de leur religion seront béatifiées en 1926.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s