Le chef de l’Etat a perdu en majesté: 1789 a fait de lui un chef de clan.

Le vernis de majesté maintenu sous forme artificielle d’apparat ne tient plus. Le décorum, les ors des palais, les parades, les convois accompagnés de motards et de cavaliers, les cérémonies peplumesques, la pseudo solennité d’événements étatiques et les importants budgets com’ ne parviennent plus à masquer la réalité: la fonction présidentielle est nue, l’illusion de majesté est tombée. La population qui ne voit plus dans cet intermittent qu’un chef de parti, de clan, le chef de file d’intérêts privés, bien loin des chefs d’Etat couronnés qui ont créé notre pays. Et les Français, tous milieux confondus, le traitent pour ce qu’il est: un adversaire politique au mieux, un traitre profiteur au pire.

La dimension sacrée du pouvoir conférait une majesté à la fonction, incarnée par un principe souverain, organisé autour d’un roi arbitre indépendant. La légitimité du principe s’enracine dans cette sacralité, l’ancienneté de la dynastie et la reconnaissance d’une action orientée vers le bien publique (justice, sécurité, charité).
Le principe républicain de chaise tournante est l’exact inverse.

A travers les révoltes générales, c’est un rejet en bloc de ce principe particratique auquel nous assistons.
Avec un président sifflé à chaque sortie officielle (il n’y a plus que celles-la auxquelles il ne peut couper), c’est un problème institutionnel qui se lève.

Ces révoltes ne visent pas que MM. Hollande ou Ayrault en personne, mais l’utilisation qu’ils font de la fonction de chef d’Etat. Or, il n’y a pas d’autre utilisation possible. C’est la fonction présidentielle même qui est huée à travers eux.
Changez les hommes, au gouvernement ou à la présidence, cela ne changera rien. Déjà le président précédent avait reçu ce même traitement, qui va en empirant.
C’est un problème de système, de régime. Etre chef d’Etat n’est pas une fonction. Un fonctionnaire mandaté ne fait pas un chef d’Etat. Ce n’est pas le manteau d’hermine à fleurs de lys et le carrosse doré qui fait le chef d’Etat. Les coteries révolutionnaires ne l’avaient pas compris, ou n’ont pas voulu le comprendre. Ils ont ôté le principe et gardé (pour eux) les coloriages.

Le trône n’est pas un siège amovible. La pérennisation d’un pays ne fonctionne pas avec des locations à cout terme placées au sommet par hasard, par enchères ou surenchères de campagnes.

A l’échelle d’un pays, les révolutions s’évaluent sur le long terme.
Aujourd’hui, on peut tirer les bilans: les principes politiques de 1789 ont échoué.

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