Le roi: symbole ou acteur de la gouvernance?

 « Je recommande à mon fils (…) qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu’un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement, étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile. »  (L’intégral du Testament de Louis XVI ici)

Le trône est-il un fauteuil vide, selon la formule connue de Guizot?

A l’heure où pléthore de cabinets, comités, commissions, assemblées, clubs etc pèsent sur la représentation nationale, la prise de décisions publiques se noie dans une anonyme irresponsabilité de 577 parlementaires (sans compter les cours, sénat, conseils etc), ouverts à toutes les tractations et combinaisons.

La question de la dilution de la décision publique et de son corolaire la responsabilité se pose urgemment.
Pour mettre fin à ce flou, un seul et visible arbitre à l’avantage de clarifier un débat publique pour les Français. On sait qui porte la responsabilité d’une décision et on peut lui demander des comptes. C’est bien ce défaut de responsabilité claire qui nuit à la légitimité de la puissance publique.

Encore faut-il que cet arbitre puisse siffler les fins de récréations de ces intérêts privés qui se nourrissent des Français, et surtout des plus faibles!

Déjà en 1793, comme le montre son testament, Louis XVI avait très bien vu que les limites au pouvoir royal imposés par les révolutionnaires n’avaient comme objectifs que l’impunité de leurs actions enfin libérées de la puissance royale, égale et équitable. Un roi lié dans ses opérations est « nuisible« .

C’est pour avoir utilisé le dernier pouvoir que lui laissait le véto que les révolutionnaires libéraux conjurés ont mis fin à la royauté. En 1792, puis 1830, ce sont les reliquats de la royauté (justice, sécurité, charité) qui furent supprimés, car trop gênants pour les intérêts individuels insatiables.

Cherchant un masque à leurs projets, Les nouveaux maîtres ont voulu garder une monarchie, sans les obligations et devoirs d’une royauté. Ils voulaient un simple caution d’autorité traditionnelle à leur libéralisme économique ravageur. Leur héritage politique au XIXe siècle est la misère populaire la plus sordide.

Non, le roi n’est pas un décorum pour nostalgiques de la pompe, facilitant la distraction du peuple pendant qu’on l’envoie à la mine, rassurant les investisseurs-exploiteurs par la puissance militaire. Ceci s’appelle le libéralisme dit orléaniste.  Cette mascarade a échoué parce qu’elle ne pouvait qu’échouer: un Roi n’est pas une caution miroir-aux-alouettes masquant les dérives individualistes des puissants. Un président, en revanche, oui- et assez facilement.

A la tête de l’Etat, l’autorité royale doit avoir clairement et efficacement les moyens de son pouvoir pour être un vrai acteur de gouvernance agissant pour le bien de tous. Les Lois Fondamentales et les représentations locales sont autant d’excellents contre-pouvoirs dont la proximité, sous les yeux de chacun, garantit aussi leur bon fonctionnement.

Il est plus que temps de s’interroger sur nos institutions publiques nationales et sur leurs objectifs: aujourd’hui, en France, qui défend clairement et efficacement notre bien commun?

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