Vanneste: La monarchie n’est bonne que si elle est une royauté.

A l’occasion de l’absence de sacre en Espagne pour le couronnement de Philippe VI, Christian Vanneste nous rappelle que la monarchie ne vaut et ne dure que par les valeurs qui en sont l’essence. Il s’appuie sur les exemples européens. Le risque de la royauté n’est pas d’avoir un fou ou un sot au pouvoir, mais plutôt de se corrompre.

 

A force de vouloir épouser son temps et les femmes ( ou les hommes) de son temps, le comportement monarchique évolue. Alors que la famille royale représente toujours le modèle salutaire de la famille, de toutes les familles qui sont censées composer le Royaume, on observera que c’est dans ces régimes pourtant historiquement reliés à la religion, que s’effectuent le plus facilement les évolutions sociétales les plus contestables

Ou la Monarchie compense suffisamment la culture de mort par son exemple. Ou elle permet de cacher le déclin en sauvant les apparences. Ou elle est prête à subir toutes les évolutions pour se maintenir.

 

En effet, c’est uniquement si elle reste fidèle à la source de son existence, de ses valeurs, de ses rites et traditions que les régimes monarchiques successoraux européens sont forts, indépendant et servent à quelque chose.

Refuser les valeurs intemporelles et intangibles qui font la royauté, c’est abandonner l’institution à être, tôt ou tard, soumise et limitée par des intérêts politiques partisans. Ce que l’on a modifié une fois peut l’être à nouveau; l’air-du-temps souffle où on le pousse… Et l’arbitre clef de voute des institutions politiques se transforme en partisan, acceptant ou non le nouvel air-du-temps… Quelle différence y a-t-il alors avec un élu-président qui joue la surenchère électoraliste de l’air-du-temps?

Abandonner les rites, les symboles et les valeurs religieuses du sacre pour « faire moderne » et sacrifier aux adversaires des valeurs du pays ce qui est l’essence même de nos régimes en Europe est inutile, illusoire et imbécile:

– on ne gagne pas pour autant le soutien des adversaires et on divise ses soutiens entre pro et contra.

– on perd sa position d’arbitre institutionnel en prenant un parti-pris faussement neutre, surtout symbolique donc politique.

– et surtout on affaiblit la dimension intemporelle, sacrée et enracinée de l’institution qu’est la couronne, qui ne peut plus exercer son arbitrage et siffler la fin de récréation en s’appuyant sur les valeurs communes pérennes qu’elle incarne face aux électoralismes à court-terme  contemporains, qui imposeront demain un nouvel air-du-temps clientéliste. Quelles valeurs opposera-t-on alors aux lobbies du nihilisme? Le rocher des institutions nationales devient un sable mouvant contractuel. Donc inutile.

Ce que l’on attend d’une monarchie, c’est une pérennisation institutionnelle,  un arbitrage indépendant du fonctionnement des institutions et  une incarnation des valeurs du pays. Abandonner cette dernière, c’est perdre les premiers.

La Monarchie Constitutionnelle n’est pas un système incompatible avec la démocratie. Toutefois son rôle conservateur n’a d’intérêt que dans la mesure où il ne vise pas qu’à conserver le régime au prix de tout le reste.

 

C’est bien ce que le Comte de Chambord, a travers ladite querelle du drapeau blanc, avait parfaitement compris: un royauté libérale est une royauté parti-pris, une monarchie partisane, donc un mauvais arbitre et une menace pour les habitants et leur(s) liberté(s). A l’image de Louis XVI, il a refusé de se maintenir au prix de tout le reste.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s